De l'improvisation

Bernard Lortat-Jacob (CNRS)

 

Conférence invitée, Colloque Comment analyser l'improvisation ?, Paris, Ircam, 12 février 2010

 

Résumé

L’improvisation a été longtemps pensée, y compris par moi-même, à partir d’un certain nombre de notions de base qui seront rapidement rappelées : couple « modèle/réalisation », combinatoire fondée sur un nombre fini de constituants de départ, règles de concaténation, parcours, etc. Ce point de vue a des avantages et permet des avancées typologiques, notamment pour caractériser nombre de musiques de tradition orale (ainsi la notion de « module » ou celle de système « motivique »), mais il est incapable de tenir compte de ce qu’on pourrait appeler les « dénis de structure ». Ces « dénis de structure », qui sont repérables par exemple dans les interactions, les projections ou l’hypermotivisme, se prêtent mal à une étude systématique. riches de sens affectif, anthropologique et musical, ils offrent le désavantage d’être difficilement objectivables et parfois même de n’être présents que dans la tête ou l’action de ceux qui pensent ou perçoivent la musique. C’est à ce titre qu’ils fascinent.